La diététique chinoise

La diététique chinoise est une branche de la Médecine Traditionnelle Chinoise (MTC) (cf. article l’art de préserver sa santé en automne). Elle se construit donc sur les mêmes principes que la MTC, c’est à dire qu’elle englobe le corps dans sa totalité, en incluant des dimensions énergétiques, émotionnelles et spirituelles de l’individu. Son but ? Contribuer à la santé, en réajustant l’équilibre énergétique propre à chaque être humain. La diététique chinoise est une diététique du bon-sens, elle est fonction des saisons, mais aussi de la constitution et de la santé propres à chacun. 


Les aliments 


Tout d’abord, il faut savoir que la diététique chinoise ne considère pas les aliments selon leur valeur nutritionnelle, c’est à dire selon les macro et micronutriments qu’ils apportent (lipides, glucides, protéines…). Ils sont définis selon 5 natures : froide, chaude, fraîche, tiède, neutre ; et 5 saveurs : acide, amer, doux, piquant, salé, ayant chacun une action sur l’organisme. La nature va avoir un impact sur le métabolisme : un aliment froid va rafraîchir et donc ralentir le corps et ses fonctions, tandis qu’un aliment chaud va réchauffer et stimuler l’organisme. Les saveurs, quant à elles, correspondent chacune à un organe sur lequel elles agissent : l’acide influence le foie et la vésicule biliaire, l’amer agit sur le coeur, les aliments doux impactent la rate et le pancréas, le piquant correspond aux poumons, et enfin les aliments salés influencent les reins. Attention cependant car, consommés en excès, les saveurs entraînent des troubles et des dysfonctionnements.


Selon la médecine chinoise, une bonne répartition alimentaire correspond à ceci : 70% de fruits et légumes, 10% de graines oléagineuses et d’huiles végétales première pression à froid, 10% de céréales (sarrasin, millet, riz…), et 10% d’oeufs, poissons gras et maigres, coquillages et crustacés (en priorité), viandes et produits laitiers (occasionnellement).


Certains aliments sont à bannir de la diététique chinoise car leur humidité, appelée “tan”, agit comme une colle dans l’organisme, empêchant ainsi la bonne circulation du sang, des liquides et de l’énergie Qi, et ayant pour conséquence une accumulation hydrolipidique et une prise de poids. Parmi ces aliments, nous retrouvons : l’alcool et les boissons alcoolisées, tous les produits à base de farine (pain, pâtes, semoule…), les produits laitiers, le sucre et les produits sucrés, la viande.


Le mode de cuisson est également très important car il influence la valeur énergétique des aliments, et varie selon les saisons. En hiver, préférez les cuissons lentes avec par exemple des plats mijotés. Ce mode de cuisson facilite la digestion tandis que l’énergie est à la baisse. Le printemps préférera la cuisson à la vapeur, qui permet de conserver croquant et vitalité. Durant l’été, favorisez les crudités pour leur fraîcheur, et évitez les cuissons en friture et les grillades qui apportent de la sécheresse. Enfin, l’automne est semblable à l’hiver et favorise les cuissons lentes et prolongées. 


Différents principes


La diététique chinoise a donc pour but, grâce aux aliments, de nourrir le corps tout en tonifiant l’énergie vitale Qi. Cette dernière est propre à chacun, c’est pourquoi cette pratique doit être adaptée à chaque profil énergétique, nous n’avons donc pas tous les mêmes besoins. De plus, le repas peut être un geste santé du quotidien, utilisé en prévention de certaines pathologies, ou bien utilisé en traitement afin de rétablir l’équilibre énergétique. Il est courant en Chine de ressortir de chez son médecin avec un menu en guise d’ordonnance. 


Voici donc quelques règles à respecter afin de rester en bonne santé : 


  • Manger chaud, cuit, et à heures régulières.
  • Manger dans le calme, assis, de manière détendue et avec plaisir. Se reposer un moment après le repas.
  • Bien mastiquer les aliments.
  • Supprimer tout grignotage en dehors des repas.
  • Boissons chaudes pendant les repas. Eau tiède et non froide en dehors des repas mais de manière limitée, sinon cela fatigue la vessie.
  • Organiser son repas autour des céréales et des légumineuses en les agrémentant des légumes de saison.
  • Éviter au maximum, voire supprimer, les produits laitiers dont l’humidité et le froid affaiblissent considérablement la rate. Par cet affaiblissement de la rate, les produits laitiers provoquent des troubles comme des oedèmes, des glaires, de la cellulite, des problèmes articulaires, des réveils fréquents ainsi que parfois des problèmes de mémoire et de rumination des pensées.
  • Préférer le poisson à la viande.
  • Limiter les crudités, surtout si vous avez des problèmes digestifs.
  • Éviter au maximum l’apport en acide gras saturés (charcuterie, mauvaises huiles, margarine, beurre cuit).
  • Consommer alternativement des huiles riches en oméga 3, 6 et 9 (huile d’olive, de tournesol, de colza ou de noix) qui ont une action bénéfique sur le système nerveux et l’intestin grêle.
  • Consommer les fruits en dehors des repas pour éviter les flatulences. En fin de repas, préférer la compote, les tartes ou les fruits secs.
  • Varier les saveurs, les couleurs, les formes des aliments.
  • Remplacer le sucre blanc par du sucre non raffiné (par exemple du sucre de canne). 
  • Les protéines animales se consomment le midi et doivent être supprimées le soir pour être remplacées par des protéines végétales. En effet, en demandant beaucoup d’énergie pour être digérées, les protéines animales empêchent la venue du sommeil et fatiguent beaucoup le rein qui est chargé d’éliminer les acides produits par leur consommation. 
  • Abandonner toute pratique du micro-onde qui détruit les aliments.
  • Finir le repas par une boisson chaude pour aider la digestion (café ou thé).

De plus, un dicton chinois dit : “Manger comme un roi le matin, comme un prince le midi, et comme un mendiant le soir”. Ce dicton nous rappelle que notre organisme possède moins d’énergie pour réaliser la digestion au fur et à mesure que la journée passe. De ce fait, il est recommandé d’espacer le dîner et le coucher d’au moins 2 heures. De plus, l’estomac ne doit jamais être plein, mais rempli au maximum aux ¾ afin de mieux pouvoir effectuer son travail : 50% de nourriture solide, 25% de liquide et 25% de vide. Enfin, il est primordial de manger à des heures fixes et de ne pas grignoter. Le grignotage entraîne une auto-stimulation de l’appétit et donc une sensation de faim permanente, ainsi qu’une moindre assimilation des nutriments. 


En bref, la diététique chinoise n’a rien à voir avec la diététique occidentale. Il s’agit d’un véritable outil thérapeutique, capable de maintenir et de rétablir l’équilibre énergétique propre à chacun. Les aliments sont perçus selon leurs saveurs et leur nature. Il est important de noter qu’il n’est pas grave de faire des écarts tant que l’on tend vers l’équilibre.



Sources : 


https://www.passeportsante.net/fr/Therapies/Guide/Fiche.aspx?doc=dietetique_chinoise_th


https://www.santemagazine.fr/minceur/regimes-minceur/mincir-grace-a-la-medecine-chinoise-431600


https://www.medoucine.com/blog/dietetique-chinoise-chaque-aliment-a-son-importance/


https://www.nantes-shiatsu.fr/blog/shiatsu_et_medecine_traditionnelle_chinoise/principes-alimentaires-de-base-selon-la-dietetique-chinoise/


https://www.toulouseshiatsuki.fr/2018/01/04/alimentation-les-bases-de-l-équilibre-selon-la-médecine-chinoise/


https://www.toulouseshiatsuki.fr/2018/11/01/nature-et-saveurs-des-aliments-selon-la-diététique-chinoise/